Le pont de la Rabia à Zubiri : légende, histoire et une descente à apprécier avec prudence
Après avoir laissé Roncevaux derrière lui et franchi l’Alto de Mezkiritz, le Chemin français entame l’une de ses descentes les plus médiatisées : la descente vers Zubiri, le cœur de la vallée de l’Esteríbar. Un tronçon magnifique, couvert de forêts de hêtres et d’ombres vertes, mais aussi technique et rocailleux, qui demande de l’attention et de l’expérience s’il est abordé par la voie originale du Camino.
Pour les cyclistes qui recherchent la tranquillité et la sécurité, notre recommandation est claire :
👉 descendre par la route.
La descente alternative asphaltée offre une conduite douce, des vues ouvertes sur la vallée et la possibilité de profiter de l’environnement sans prendre de risques inutiles. En revanche, le sentier traditionnel - étroit, avec des pierres détachées et des sections inégales - peut être très exigeant, en particulier pour ceux qui voyagent avec des sacoches ou dans des conditions humides.

Zubiri, le village de la rivière Arga
Zubiri, dont le nom en basque signifie littéralement « le village du pont », accueille le pèlerin avec un paysage idyllique : le murmure de la rivière Arga, des maisons en pierre, et surtout, son emblème le plus célèbre, le Puente de la Rabia.
Ce pont médiéval à deux arches gothiques, robuste et élégant, est l’un des symboles les plus reconnaissables du Chemin français. Construit entre les XIIe et XIIIe siècles, il faisait partie de l’ancienne route entre les Pyrénées et Pampelune. Son image, qui se reflète dans les eaux de la rivière, est une invitation à la pause et au silence.

🪶 La légende du Pont de la Rage
Son nom renferme l’une des traditions les plus curieuses et mystérieuses du Chemin.
La légende veut que les animaux atteints de la rage soient guéris en passant trois fois sous l’arche du pont ou en faisant le tour de son pilier central.
Le mythe remonte à l’Antiquité, lorsque le peuple croyait que sous le pilier se trouvaient les restes de Sainte Quiteria, protectrice des malades et de ceux qui souffraient de morsures d’animaux. Pendant des siècles, les paysans de toute la Navarre y ont amené leur bétail en quête de guérison, perpétuant ainsi une tradition de foi et de superstition qui a donné son nom au lieu.
Au-delà de la légende, le pont symbolise la rencontre entre le sacré et le naturel, l’union entre l’histoire et la croyance populaire.

🚴‍♂️ Conseils pour le bicigrino : comment aborder la descente de Mezkiritz
Difficulté technique : Le sentier d’origine est étroit, avec des pierres et des racines branlantes. Il est facile de perdre l’adhérence, surtout sous la pluie.
Option sûre : prenez la route NA-135, qui descend plus graduellement et relie directement Zubiri. C’est le choix idéal pour ceux qui privilégient le contrôle et le confort.
Profitez du paysage : depuis la route, vous aurez une vue spectaculaire sur la vallée de l’Esteríbar et le vert intense des forêts de Navarre.
Arrêt recommandé : lorsque vous atteignez le pont, arrêtez-vous un instant. Traversez lentement, écoutez le bruit de l’eau sous les arches et sentez que vous faites partie d’une histoire qui coule depuis des siècles.

Zubiri, une halte bien méritée sur le Camino
Zubiri est aussi un excellent point de repos pour les bicigrinos. Vous y trouverez des hébergements, des boutiques, des bars et des espaces pour vous ressourcer au bord de la rivière. De là, le Chemin continue vers Pampelune, où il s’ouvre définitivement sur la plaine de Navarre.
Mais avant de continuer, il vaut la peine de s’arrêter et de regarder en arrière :
le pont de la Rabia n’est pas seulement une structure de pierre, mais un symbole du passage entre le physique et le spirituel, entre l’effort de la montagne et le calme de la vallée.

✨ Chez Bicigrino, nous le disons toujours :
Le Camino ne se mesure pas seulement en kilomètres, mais aussi en émotions.
Le passage du Puente de la Rabia à Zubiri est l’une de ces émotions qui restent à jamais gravées dans la mémoire du pèlerin.